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Ce qu’il faut retenir de l’Atelier/Débat N°13 du 21 Mars 2013 – « Transmission des savoirs et tutorat, un rôle stratégique pour les seniors de Safran».

Transmettre ce qu’on ne trouve dans aucun manuel

Jean-Luc Bérard, DRH, précise que Safran est un groupe de très haute technologie spécialisé dans l’aérospatial, la défense et la sécurité, qui recrute en France quelque 3000 jeunes par an : « ils connaissent peu nos produits, et nous devons les accompagner pour les doter des connaissances techniques nécessaires ». Dans cette optique, Safran dépense près de 100 millions d’euros chaque année en formation.

En 2005, une filiale de Safran qui prévoyait de forts volumes de départ à la retraite s’est inquiétée de la perte de certains savoir-faire sur la conception et l’ingénierie de produits relativement complexes, et a lancé un programme de transmission des savoirs. Il est en effet apparu que les jeunes embauchés étaient suffisamment armés sur les aspects techniques, mais ignorants des gestes et des pratiques qui ne s’apprennent pas dans les manuels et qui pouvaient être perdus à jamais au départ des seniors. C’est là que le rôle des tuteurs est essentiel.
Il est essentiel dans l’apprentissage des gestes métiers, mais aussi, – et c’est plus inattendu -, dans l’acclimatation aux règles qui régissent la vie dans l’entreprise. Comment construire un parcours de carrière ? Voire comment demander une augmentation, etc… Le tuteur donne au tutoré, des clés pour réussir pleinement leur intégration dans l’entreprise. Les tuteurs transmettent-ils aussi leurs mauvaises habitudes ? Bien sûr, c’est inévitable, mais c’est aussi ce qui participe de la culture de l’entreprise.

Respecter le principe du volontariat

Ce programme fonctionne sur la base du volontariat. Lors de son lancement, les syndicats ont souhaité obtenir des indemnisations conséquentes pour les tuteurs. Jean-Luc Bérard précise qu’une indemnité est accordée aux tuteurs mais qu’elle est relativement faible. Dans un contexte de dialogue entre générations, l’essentiel est la transmission des savoirs et non l’aspect financier. Les tuteurs comprennent très bien cette logique.
La période de transmission idéale est de trois ans, le temps qu’une relation de confiance s’instaure entre le tuteur et le tutoré. C’est une relation positive pour les deux parties. Pour les jeunes qui apprennent beaucoup à l’occasion de ces échanges. Pour les seniors qui voient leur savoir-faire reconnu. C’est une relation qui va plus loin que la simple transmission de pratiques professionnelles, elle permet à des cultures générationnelles souvent très éloignées de se découvrir et de s’estimer.

Faire confiance aux tuteurs

On ne s’improvise pas tuteur. Les tuteurs sont formés à la pédagogie de la transmission, mais ils bénéficient d’une large autonomie. Ils reçoivent les outils qui faciliteront le partage de leurs méthodes de travail, mais aucun contenu pédagogique n’est arrêté. La question de la relation manager-tuteur-tutoré a été posée. Les chevauchements d’autorité ont été évités. Le tuteur est là pour transmettre des connaissances et des pratiques, il n’a pas de rôle hiérarchique, il se définit comme « un référent ». C’est donc bien le manager qui reste en charge du tutoré.

Le compte-rendu intégral de cet Atelier/Débat sera diffusé dans l’édition spéciale des Cahiers de l’Intergénérationnel © qui sera proposée aux entreprises ayant envoyé des représentants à l’ensemble des Ateliers/Débat 2013.

A propos de l'auteur

Jean-François Pouvreau

Jean-François Pouvreau, co-fondateur de l’OMIG, Rédacteur en Chef, Français, Jean-François est consultant en communication interne en entreprise et en communication événementielle. Jean-François combine une expertise de plus de 9 ans en qualité de Directeur des Ressources Humaines en entreprise et d’une vingtaine d’années comme consultant. Il anime un Club de DRH pour le compte d’un fonds d’assurance formation, ainsi que des groupes de travail en entreprise, sur toutes les problématiques RH qui font l’actualité.

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